Flâneries avec Louis Guermond, le Français passionné de photographie et de la Transylvanie

Je ne me souviens plus precisément quand ai-je rencontré pour la première fois à Sibiu Louis Guermond, ce Français de Bretagne qui s’était exilé de son plein gré parmi les Roumains de Transylvanie : soit dans l’effervescence des spectacles de rue du Festival de théâtre (FITS) de 2011 – à l’époque où Richard Demarcy était encore en vie –, soit dans un « Tramway nommé Cioran » en route vers Rășinari, prenant des photos aussi bien des comédiens que des spectateurs, ayant un œil très attentif aux détails.
Quand j’ai appris il y a quelques jours sur Facebook qu’il allait exposer une partie de son œuvre de photographe naturalisé à Sibiu dans un prêteur sur gages de la Piața Mare, j’étais ravi et j’ai noté l’événement dans mon agenda, car je n’avais revu Monsieur Guermond qu’une ou deux fois depuis la pandémie.
Louis Guermond ne se contente pas, comme nous tous, de capturer des impressions personnelles ; ses photos racontent toujours une histoire, et cette histoire concerne davantage ceux qui l’entourent que lui-même. C’est là tout son talent : être à l’écoute des autres. D’ailleurs, comme il me l’a confié, il ne souhaitait pas que le vernissage ressemble à un lancement officiel, avec un podium, des intervenants au micro et des invités assis sur des chaises, mais plutôt à une rencontre entre amis. C’est ainsi que le jeudi 25 juin 2025, il s’est rendu au prêteur sur gages « Liquid Money » (dans l’ancien restaurant « Perla ») de la Grande Place avec un album de photos, un cahier d’impressions des visiteurs et une série de copies des photos figurant sur les tableaux accrochés aux murs – pour ceux qui souhaitaient en acheter, il a également signé des autographes au verso. Tout cela s’est déroulé comme une conversation entre des connaissances qui ne s’étaient pas revues depuis longtemps, mais qui avaient tant de choses à se dire. (l’article continue sous la photo)

Voir des Roumains s’installer en France est un phénomène courant qui est devenu banal ; mais rencontrer un Français qui s’installe en Roumanie, voilà quelque chose de très rare (cela me fait penser au regretté Eugène van Itterbeek, écrivain francophone néerlandais, qui s’était installé il y a quelques années à Cisnădioara). Je suis heureux que Louis soit en vie et plus actif que beaucoup d’entre nous : on peut toujours le croiser dans les rues de Sibiu et lors d’événements culturels, même si ses douleurs osseuses le gênent et que la canicule ne lui convient pas. Il continue à vivre sa passion malgré toutes les vicissitudes. C’est un homme plus jeune d’esprit que bon nombre de Roumains blasés.
Ceux qui découvrent pour la première fois cet artiste photographe breton réfugié parmi les Transylvaniens peuvent visionner l’interview réalisée par Dinu Lazăr avec Louis Guermond (Sibiu, mon Amour), mais aussi le clip thématique « CFR-ul din sufletul meu » (La Société Roumaine des Chemins de Fer de mon âme). Si vous n’avez pas assisté au vernissage de l’exposition de photographies dans la gallerie de la Piața Mare, mais que vous êtes curieux de la visiter, je suis sûr que vous la trouverez encore ouverte au moins pendant la durée du FITS 2026 au prêteur sur gages « Liquid Money » – je vous propose également un reportage photo réalisé par moi-même en guise d’« apéritif ».
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